Est-ce une erreur d’utiliser l’Étoile de David pour protester contre la discrimination ?

by | Aug 7, 2021 | Français

L’étoile jaune de David, que les nationaux-socialistes faisaient porter aux Juifs afin de les stigmatiser, a commencé à être utilisée à nouveau, récemment, avec la mention « Non vacciné », par les manifestants contre la vaccination Covid obligatoire et le passeport sanitaire. Les médias mainstream, indignés par cela, qualifièrent l’action de radicale et d’antisémite. Est-ce vraiment le cas ? Ou est-ce juste une façon de faire une déclaration politique proportionnée aux politiques gouvernementales actuelles ? Je répondrai à cette question à travers une analyse de faits.

Avant cela, je voudrais partager quelques faits historiques sur ma famille. Une partie de mes ancêtres, du côté de ma mère, étaient des Juifs qui vivaient dans la région française d’Alsace, qui fait frontière avec l’Allemagne. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, cette région a été annexée par l’Allemagne, et était donc à la merci des nationaux-socialistes. Cela poussa des milliers de Juifs, dont Abraham Kahn et Anna Bloch née Kahn (deux de mes ancêtres), à s’enfuir dans la région de la Dordogne. Malheureusement, la division Brehmer (une division de la Wehrmacht), en avait été informée par l’administration de Vichy et ses collaborateurs, et en 1944, les Allemands commencèrent à chasser les Juifs qui avaient trouvé refuge dans la région. Abraham Kahn, qui paniqua à la vue des Allemands devant sa maison, tenta de s’enfuir et reçut une balle dans le dos. Sa sœur, Anna Bloch, fut envoyée à Auschwitz. Connaissant mon histoire familiale, je pourrais certainement être offensé par l’utilisation de l’étoile jaune de David par les manifestants, et pourtant, je ne le suis pas. La raison en est que je ne pense pas du tout qu’il s’agisse d’antisémitisme. Mon analyse historique dans les prochains paragraphes expliquera tout.

 

Un argument que j’ai vu contre l’utilisation de l’étoile jaune de David par les manifestants était qu’elle était disproportionnée puisque les Juifs avaient été tués et pas les non vaccinés. Cependant, ce qu’ils ignorent, c’est que les Juifs n’ont pas tous été tués tout de suite. Le meurtre était le résultat ultime d’un processus qui débuta avec l’exclusion progressive des Juifs de la société allemande. En effet, au cours des six premières années du régime d’Hitler, le gouvernement à tous les niveaux – Reich, étatique et municipal – a adopté des centaines de lois, décrets, directives et règlements qui restreignaient de plus en plus les droits civiques et humains des Juifs en Allemagne. Je vais en discuter plus en détail dans les points suivants.

 

De 1933 à 1939, plus de 400 décrets et règlements restreignaient les Juifs dans tous les aspects de leur vie publique et privée. Beaucoup d’entre elles étaient des lois nationales émises par l’administration allemande et affectaient tous les Juifs. Des centaines d’individus, à tous les niveaux du gouvernement à travers le pays, étaient impliqués dans la persécution des Juifs alors qu’ils concevaient, discutaient, rédigeaient, adoptaient, appliquaient et soutenaient la législation anti-juive.

 

La période de 1933 à 1934 a connu une première vague de législation visant à limiter la participation des Juifs dans la vie publique allemande. La première grande loi fut la « loi sur la restauration de la fonction publique » du 7 avril 1933, selon laquelle les fonctionnaires et employés Juifs et « politiquement peu fiables » devaient être exclus de la fonction publique. C’était un premier pas vers l’exclusion des Juifs des organisations, des professions et d’autres aspects de la vie publique. En conséquence, le nombre de Juifs dans les professions médicales et juridiques a été de plus en plus diminué. Au niveau local, la ville de Berlin avait interdit aux avocats et notaires Juifs de travailler sur des questions juridiques, le maire de Munich avait interdit aux médecins Juifs de traiter des patients non Juifs et le ministère de l’Intérieur bavarois avait refusé l’admission d’étudiants Juifs à la faculté de médecine. Lentement exclus des écoles et universités allemandes, les travailleurs civils Juifs de l’armée furent licenciés ; et, au début de l’année 1934, le gouvernement avait interdit aux acteurs Juifs de se produire sur scène ou à l’écran.

 

L’année 1935 a vu une deuxième vague de législation durant laquelle le gouvernement national-socialiste mit en œuvre les « lois de Nuremberg », qui entraînèrent une ségrégation complète qui priva les Juifs de la plupart de leurs droits politiques, car les Juifs allemands furent exclus de la citoyenneté du Reich et avaient perdu le droit de vote. De nombreuses autres lois violant leur liberté et leurs droits étaient adoptées ; par exemple : il était interdit aux Juifs de se marier ou d’avoir des relations sexuelles avec des personnes de « sang allemand ou apparenté », ils devaient respecter des couvre-feux, ils ne pouvaient plus être admis dans les hôpitaux et ne pouvaient plus entrer dans les cinémas, théâtres et installations sportives. L’inscription « Juifs pas le bienvenu » pouvait être vue dans tous les lieux publics.

 

La période de 1937 à 1938 a vu émerger une troisième vague de législation anti-juive, les agences gouvernementales à tous les niveaux visaient à exclure les Juifs de la sphère économique de l’Allemagne en les empêchant de gagner leur vie et en les appauvrissant. Les Juifs étaient tenus d’enregistrer leurs biens et propriétés domestiques comme étrangères, un premier pas vers l’expropriation progressive de leurs richesses matérielles par l’État. Peu de temps après, l’État commença à transférer les entreprises juives aux Allemands non Juifs et à licencier les travailleurs Juifs. En 1938, les Juifs étaient plus que jamais stigmatisés car la lettre « J » devait être affichée sur leurs passeports et ils devaient porter l’étoile jaune de David avec l’inscription « Juif » en public. Ils étaient définitivement séparés du reste de la population à cause d’un critère : le fait qu’ils étaient juifs. Et tout le monde connaît la suite.

 

Revenons à aujourd’hui, avec le passeport vaccinal, c’est la première fois depuis la Seconde Guerre Mondiale que des violations aussi importantes des libertés et des droits humains sont mises en œuvre par les gouvernements dans nos sociétés occidentales. Les personnes qui ne sont pas vaccinées en France, tout comme les Juifs, seront exclus de la société et de la vie publique sur la base d’un seul critère : le fait qu’elles ne soient pas vaccinées. Il leur sera interdit d’entrer dans les cinémas, les restaurants, les gymnases et même les hôpitaux. Elles seront également privées de leurs droits politiques car elles ne seront pas autorisées à voter. Beaucoup seront exclus du travail comme le personnel médical, comme par exemple, en France, les infirmières refusant le vaccin se feront licencier. L’utilisation de l’étoile jaune de David avec l’inscription « Non vacciné » par les manifestants a pour but, précisément, de faire prendre conscience aux gens qu’avec de telles politiques nous redescendons vers une route dangereuse qui rendra le pouvoir des politiciens illimité et pourrait finir une fois de plus, dans des atrocités.